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LETTRE DU DIRECTEUR GENERAL

L’économie nationale a été affectée en 2015 par la persistance d’un environnement international difficile qui a été marqué, notamment, par le ralentissement de la croissance mondiale, la forte baisse des cours des produits de base et en particulier du pétrole, la décélération du volume des échanges internationaux, l’aggravation des conflits internes dans certains pays du Moyen-Orient et en Libye et la montée du terrorisme. Elle a subi, en outre, les répercussions négatives d’un ensemble de facteurs défavorables d’ordre interne, principalement la dégradation de la situation sécuritaire, le maintien des divergences politiques en dépit de la réussite des élections de la fin de 2014 et la multiplication des mouvements sociaux qui ont été alimentés par la hausse des prix et les insuffisances en matière de création d’emplois et de développement régional. Cette situation a précipité l’économie dans la récession au cours du premier semestre de 2015, avec deux trimestres consécutifs de baisse du niveau de l’activité avant de connaître un certain redressement. Ainsi, la croissance économique s’est située pour l’ensemble de l’année à 0,8% contre 2,3% en 2014 et un taux de 3% prévu initialement. Ce fléchissement aurait été plus accentué n’eût été la progression soutenue des secteurs de l’agriculture et pêche et des industries agroalimentaires suite à l’augmentation exceptionnelle de la production d’huile d’olive, qui a presque quintuplé au cours de la campagne agricole 2014-2015 pour atteindre environ 340 mille tonnes, et a permis de compenser largement la régression de la production céréalière qui est revenue de 23,2 millions à 13,1 millions de quintaux. A l’inverse, les industries manufacturières autres qu’agroalimentaires ont accusé un ralentissement de leur rythme de croissance, particulièrement les principaux secteurs exportateurs comme les industries mécaniques et électriques et le secteur du textile, habillement et cuirs. Pour leur part, les services marchands ont connu une croissance négative en raison de la régression sensible des secteurs du tourisme et du transport et du ralentissement de la plupart des autres activités de services, à l’instar du commerce, des communications et du système financier. Par ailleurs, les industries non manufacturières ont continué à régresser, sous l’effet surtout de la baisse de la production de phosphate et de l’extraction de pétrole et de gaz naturel.

Concernant l’évolution de la demande intérieure, elle a continué à être marquée par une progression soutenue de la consommation finale, plus particulièrement celle des ménages qui a permis d’atténuer le recul de la croissance économique. Par contre, les investissements ont poursuivi leur faible augmentation, soit 1,5% en prix courants comme en 2014, suite au recul des investissements privés nationaux sachant que les investissements directs étrangers ont connu une reprise d’environ 8% et ceux de l’Etat ont continué à s’accroître de plus de 9%, pour la deuxième année consécutive. Ainsi, le taux d’investissement est demeuré insuffisant pour résorber le chômage, n’atteignant que 18,3% du PIB contre 19% une année auparavant. Pour sa part, l’épargne nationale s’est inscrite en baisse sensible de l’ordre de 18%, subissant l’impact négatif de la quasi-stagnation de l’économie et de la hausse des prix à la consommation. De ce fait, le taux d’épargne a poursuivi sa tendance baissière revenant, d’une année à l’autre, de 14,9% à 11,6% du revenu national disponible brut (RNDB). Ces évolutions défavorables se sont traduites par une détérioration du marché du travail, surtout avec des pertes d’emplois enregistrées au cours de la première moitié de l’année 2015 et la mise en chômage d’une partie des employés dans le secteur touristique suite aux actes de terrorisme. Aussi, le taux de chômage a-t-il augmenté pour atteindre 15,4% de la population active contre 15% en 2014 et cette hausse a touché, particulièrement, les diplômés de l’enseignement supérieur. Parallèlement, la hausse des prix à la consommation familiale a enregistré une accélération durant la majeure partie de 2015, avant de connaître une certaine détente au cours des derniers mois de l’année. Ainsi, le taux d’inflation a continué à se situer à un niveau assez élevé, soit 4,9% en moyenne pour la deuxième année consécutive. Dans le domaine des paiements extérieurs, le déficit commercial a enregistré au cours de 2015 une diminution de 11,6% pour s’établir à 12.048 MDT ou environ un milliard de dinars mensuellement suite à la baisse aussi bien des exportations que des importations, soit de 2,8% et 5,7% respectivement. Il importe de noter la contribution appréciable de l’accroissement exceptionnel des exportations d’huile d’olive à la contraction du déficit commercial global et à la nette réduction du déficit de la balance alimentaire qui s’est situé à environ 91 MDT. De même et en rapport avec le fléchissement des prix internationaux, le déficit de la balance énergétique a baissé mais tout en restant élevé, soit près de 3.392 MDT. Ainsi et compte tenu de la chute des recettes touristiques en devises de l’ordre de 35% et du repli des revenus du travail de 6%, le déficit courant s’est maintenu à un niveau élevé de 8,7% du PIB contre 8,9% une année auparavant. Le financement de ce déficit a été assuré par une enveloppe accrue d’investissements directs étrangers et surtout par une mobilisation importante de ressources extérieures d’emprunts qui ont servi, également, à financer le déficit budgétaire sachant que ce dernier est revenu, d’une année à l’autre, de 5,1% à 4,4% du PIB. En conséquence, les avoirs nets en devises ont continué à augmenter pour s’établir, à la fin de 2015, à 14.102 MDT correspondant à 128 jours d’importation contre 112 jours un an plus tôt. Cette évolution s’est traduite, toutefois, par un accroissement des taux d’endettement extérieur et public qui ont atteint, respectivement, 48,5% du RNDB et environ 53% du PIB, ainsi que par de pressions à la baisse sur le taux de change du dinar, particulièrement vis-à-vis du dollar américain.

Afin d’apporter sa contribution à la relance de l’activité économique, la Banque centrale de Tunisie (BCT) a assoupli, à la fin du mois d’octobre 2015, sa politique monétaire en réduisant le taux d’intérêt directeur de 50 points de base pour le ramener à 4,25%.

Ceci a entraîné une baisse presque d’autant du taux d’intérêt moyen du marché monétaire (TMM) qui est revenu à 4,30% en novembre et à 4,28% en décembre. En outre, la BCT a continué à injecter une enveloppe importante de liquidités au profit du secteur bancaire qui a accusé une certaine décélération de son rythme d’activité, reflétée par le ralentissement aussi bien des dépôts de la clientèle que des concours à l’économie. Malgré le contexte général défavorable tant sur le plan international que national qui s’est répercuté sur la croissance du système financier, l’activité de la SIBTEL a enregistré en 2015 une progression soutenue. Ceci est reflété par l’accroissement du nombre total des valeurs télécompensées et celui des messages SWIFT de 6,3% et 3,3%, respectivement, contre 3,6% et 1,7% une année auparavant. Ainsi, le résultat net de l’exercice a connu une amélioration de 8,6% atteignant 479.380 Dinars contre 441.407 Dinars au cours de l’exercice précédent. Il importe de souligner que, grâce à la compétence de ses ressources humaines et à son savoir-faire, la société est déterminée à poursuivre le développement et l’extension de son champ d’activité et à améliorer la qualité des prestations rendues aux institutions adhérentes selon les standards internationaux de célérité, de sécurité et de maîtrise des coûts. Elle ne cesse d’oeuvrer, également, à adopter les innovations technologiques nécessaires dans son domaine d’intervention au profit de la communauté bancaire nationale.